Paroisse Sainte Anne des Calades : le Blog

Croire (1)

Etes-vous croyant ?

– Je crois.

– Vous croyez, ou vous croyez que vous croyez ?

– Je crois bien que je suis certain ; ou je suis certain de croire, du moins je crois…

C’est la difficulté avec ce verbe croire ; il peut avoir des sens différents ; venant du latin credere, qui a donné croyance, mais aussi crédulité. Les colporteurs de « fake news » sur internet, sauf les (nombreux) manipulateurs, croient ce qu’ils lisent. Croyance, ou crédulité ? Si on ajoute la notion de croissance, on peut croire croître : « Oui je crois que je croîs ». On dirait du Devos.

Qu’est-ce donc que croire ?

Dans le fait de croire quelque chose, ou « en » quelque chose ou « à » quelque chose il y a l’idée de confiance. Confier vient du latin « cumfidere » ; cum qui signifie avec, et fidere, se fier. Il y a donc l’idée de relation ; pour nous chrétiens, il n’y a aucun doute cette relation est celle qui nous unit au Christ. Le Christ n’est pas venu fonder une nouvelle religion, il est venu apporter sa présence : « Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps ». (Évangile de saint Matthieu 28-20) La foi « nous prend par la main et nous conduit à quelqu’un, elle lève le doute par la confiance » dit le père Bro. (La foi n’est pas ce que vous pensez)

 

Croire malgré tout

Depuis que l’homme est l’homme – en adoptant la station debout, en développant son cervelet et en se nommant – il aspire à quelque chose qui le dépasse ; il peine à comprendre, mais il en ressent le besoin, notamment face à la mort, à sa finitude. Il y a autre chose ! Autre chose que notre matière, à laquelle on ne peut nous réduire ; croire fait croître. Saint Paul définit la foi par ce mouvement qui nous pousse toujours vers un plus. Après bien des tâtonnements, des rechutes, l’Homme est arrivé au Dieu unique, meilleure réponse au besoin, et beaucoup sont prêts à mettre leur vie en jeu pour continuer à croire : Les premiers chrétiens, les protestants sous les dragonnades de Louis XIV, les chrétiens sous la Terreur révolutionnaire en France, en Russie, en Chine. De nos jours en France les chrétiens sont soumis à des attaques, verbales ou physiques, qu’on n’accepterait pour aucune autre religion. L’islamophobie est un délit ; l’antisémitisme, croissant, donne lieu à des déclarations enflammées (pas toujours suivies d’actes) ; la cathophobie ? circulez, il n’y a rien à voir. En 2018, 878 lieux de culte catholiques ont été dégradés, profanés ou ruinés sans qu’on s’en émeuve.

Mgr. Ginoux a parlé de lâcheté. Indigné par une certaine tièdeur des responsables catholiques, Bruno Frappat dans La Croix, demande : « Y a-t-il une manière vraiment chrétienne de dire non à l’ignominie ? »

 

Confiance

Croire donc, dans la confiance. « Croyez-vous que je peux faire cela ?… Si tu le veux, tu peux nous guérir » (Évangile de saint Matthieu 9,27-31) car en effet dit le Christ, « celui qui croit en moi a la vie éternelle ». (Évangile de saint Jean, 6,47)

Dans une conférence de Carême à Notre Dame de Paris, le père Bro disait : « Croire, c’est connaître Dieu comme il se connait, c’est être uni à lui tel qu’il est, c’est une Pentecôte actuelle. La foi nous propose de reconnaître que nous ne sommes pas le point de départ absolu. Elle provoque raisonnablement à un acte qu’aucune raison ne peut épuiser : faire confiance. Elle amène l’intelligence à comprendre ce qui, dans l’intelligence est plus grand que les raisonnements. »

Voici venir la raison, que trop souvent on oppose à la foi. Le pape Benoît aimait à répéter qu’il est raisonnable de croire, car seule la confiance nous permet d’accepter ce qui nous dépasse. Pascal, chrétien, philosophe et scientifique disait : « Il n’est rien de si conforme à la raison que ce désaveu de la raison. » (Pensées)

Le père Bro précise : « Ce n’est pas tant que nous tenons la foi, c’est la foi qui nous tient grâce à la force de l’Autre, le Tout Autre qui agit en nous ; nous avons une décision à prendre : l’acceptation ou le refus qu’il y ait une autre liberté que la nôtre, qui vienne d’un autre et qui interfère dans notre vie » Le père Mazzocco que beaucoup ont connu en Beaujolais, disait récemment : « Croire est le fruit logique d’un don de Dieu constamment activé par le souffle de l’Esprit et nourri de l’Évangile. C’est participer activement au projet du Seigneur qui est de faire connaître son désir de nous aimer. La plus belle façon de croire est de vivre fortement la charité en nous soumettant à la miséricorde de Dieu, venu à la rencontre de l’humanité.

 

Alain de Guido, octobre 2019

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