Paroisse Sainte Anne des Calades : le Blog

De retour de Strasbourg

Clarisse, caladoise de 18 ans, est étudiante à Lyon. Elle a participé aux rencontres européennes à Strasbourg, organisées par la communauté de Taizé, du 27 décembre au 1er janvier.

 

Tu es allée aux rencontres européennes à Strasbourg, organisées par la communauté de Taizé…est-ce que tu peux nous dire un peu pourquoi tu es partie là-bas ?

En fait l’été dernier je suis partie pendant un mois au service de la communauté de Taizé, et j’ai trouvé cette expérience vraiment géniale…

Et pourquoi ?

Parce que je ne connaissais pas bien la communauté, je n’étais jamais restée longtemps à Taizé. Et là de participer vraiment à la vie de Taizé, de rencontrer des gens, de vivre des moments de prière très forts, ça m’a beaucoup « boostée » pour continuer à avancer dans l’esprit de Taizé, et quand j’ai su qu’il y avait les rencontres européennes à Strasbourg, donc pas très loin d’ici, je me suis dit que c’était une occasion unique…donc voilà, je me suis inscrite !

Je pensais aussi retrouver des gens là-bas : on était 20 000 jeunes à Strasbourg.

Concrètement, tu es partie avec des jeunes que tu connaissais ?

Je me suis inscrite avec un groupe de Lyon, on était une cinquantaine à partir en bus. Quand je suis arrivée, je ne connaissais personne. Mais le voyage en bus nous a permis de nous rapprocher et de faire connaissance !
Une fois sur place, j’ai retrouvé plein d’amis. Il y avait plein de Polonais, d’Ukrainiens, et on a pu faire des rencontres supers !

J’étais logée à Mulhouse, donc à une heure de Strasbourg, on était les plus loin. On a pu parler avec les paroissiens ; j’étais dans une famille vraiment géniale.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce qui se passait en paroisse ? C’était important par rapport au reste des rencontres ?

En fait on était là-bas du samedi au mercredi, et donc chaque matin on avait une prière avec les paroissiens. Tout était très bien organisé pour vivre un temps de prière dans l’esprit de Taizé, avec les chants, une chorale…Il y a eu une messe avec eux le dimanche matin.

Et pour le 31 décembre aussi, on a eu un temps de prière en paroisse, et ensuite on s’est tous rassemblés pour faire la fête pour le nouvel an : la fête des peuples, chaque pays devait se présenter avec une chanson, une danse. C’était très sympa, car on était mélangés avec les paroissiens.

Si je comprends bien, tu avais des temps à Mulhouse, et puis d’autres temps à Strasbourg, avec les 20 000 autres jeunes ?

Voilà, c’est ça. Après la prière du matin à Mulhouse, on prenait le train pour Strasbourg, et de là on retrouvait tous les autres jeunes pour manger ensemble, prier le midi, et ensuite vers 15h chaque jour on avait des carrefours, « Workshops » comme à Taizé, des ateliers proposés. Moi par exemple je suis allée au Parlement Européen où il y avait un débat sur les nouvelles formes de solidarité, ensuite j’ai pu accéder à la mosquée, on a pu parler avec l’imam. Certains étaient au musée, d’autres ont rencontré des acteurs politiques de la région.

Le soir on dînait sur place, puis il y avait un temps de prière dans un des 3 lieux prévus : la cathédrale, Saint Paul ou le Wacken, la salle des expositions.

Tu peux nous en dire plus sur tes rencontres avec les députés ou avec l’imam ? Qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Le thème c’était « comment on peut agir en tant que chrétien », il y avait plusieurs facettes à cette question. Par exemple, il y a eu au Parlement Européen des députés qui nous expliquaient comment chaque jour leur travail était de faire en sorte que l’Europe soit vraiment solidaire, qu’il y ait des projets qui soient menés à bien.
Là, j’étais un peu déçue car c’était beaucoup de belles paroles, ça n’était pas très concret pour moi…
Sinon avec l’imam, c’était plus porté sur le dialogue inter-religieux et là c’était très intéressant parce que c’était loin de tous les stéréotypes qu’on peut avoir sur l’Islam. C’était très convivial, chacun pouvait poser ses questions et on a pu ainsi découvrir mieux une religion qu’on ne connaissait pas très bien au 1er abord.

Par exemple, qu’as-tu découvert que tu ignorais ou des a priori que tu avais et qui sont un peu tombés ?

Déjà, l’accueil qu’on a eu était très très chaleureux, et c’est vrai que j’avais un peu peur car on est arrivés à 200 jeunes chrétiens dans la mosquée à gesticuler de toute part, et je craignais leur réaction devant cette invasion ! Et en fait, on a tous été conviés à s’installer comme on voulait et on a même été invités à rester pour la prière qui suivait.

J’avais une idée préconçue de la prière et j‘ai trouvé ça très intéressant d’y assister, et d’avoir pu poser nos questions.

Et dans ta famille d’accueil, comment cela s’est-il passé ?

Quand on nous a annoncé qu’on irait à Mulhouse avec le groupe des lyonnais, on était un peu déçus parce que c’est quand même à une heure de Strasbourg. On est arrivés, il pleuvait, on était fatigués après le voyage en bus de nuit. Et là, on est arrivés à la salle des fêtes et ils nous avaient réservé un accueil vraiment génial ! Tous les paroissiens s’étaient mobilisés pour nous accueillir avec des pâtisseries de la région, ils étaient disponibles et souriants !

Dans ma famille, on était 4. Chaque matin, ils nous emmenaient aux temps de prière, on les retrouvait le soir en rentrant de Strasbourg. On a passé des moments géniaux avec eux, nous avons aussi fêté le 1er janvier ensemble. J’ai trouvé ça bien de découvrir la région en étant vraiment en contact avec les gens du coin, et pas seulement se balader avec des jeunes qui viennent de toute l’Europe. Là, c’était un contact très chaleureux !

Donc en fait tu as presque préféré ce moment-là à Mulhouse, plus que les temps de grands rassemblements ?

Je ne sais pas si j’ai préféré, mais c’est vrai que j’ai beaucoup aimé parce qu’on était vraiment à l’aise. A Strasbourg, les prières de Taizé étaient magnifiques, j’ai rencontré plein de gens, des amis, c’était beau mais différent. Ca faisait du bien de se trouver en petit groupe, avec la famille et les colocataires pour partager autour d’un repas.

Est-ce que tu as l’impression que ça va changer un peu ton regard, par rapport aux autres religions, ou est-ce que ta foi va être différente après ces journées européennes ?

Par rapport à l’Islam, j’ai trouvé ça vraiment bien de proposer ça à des jeunes, ça nous invite à être plus tolérant, et à s’intéresser davantage à des gens qu’on ne connait pas forcément.

Par rapport à Taizé, je connaissais déjà avant…ça va peut-être renforcer ce que j’avais déjà beaucoup apprécié l’été dernier : ce que j’aime beaucoup dans les prières de Taizé, c’est que les chants sont très beaux et très méditatifs. On les répète beaucoup et ça nous pousse vraiment à prier. En fait on est tous ensemble par terre et pas sur des bancs –ce qui créé une plus grande proximité entre nous- et on chante (ou on ne chante pas, comme on veut), et grâce à ces chants répétitifs, les longs moments de silence aussi, on prend le temps et ça fait du bien de se trouver seule avec Dieu.
C’est ce qui m’a touchée dans ces moments-là : on a ce temps très reposant avec Dieu.

Je vous invite tous à venir à Taizé, ça n’est pas très loin d’ici, même pour une journée ça vaut le coup ! Les prochaines rencontres européennes seront à Prague, pour tous les jeunes de 17 à 35 ans.

 

Propos recueillis par Guillemette Lacassagne et Céline Benk le 6 janvier 2014

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